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:     Article "Boursier.com", publié le vendredi 20 septembre 2019 à 16h52 et repris sur le site "Orange actualités"   D'après une récente étude accessible (accessible en cliquant ici), la baisse de vitesse limitée à 80 km/h n'aurait sauvé "que" 39 vies, soit bien moins que les 400 attendus par le gouvernement. Elle aurait également coûté 2,3 milliards d'euros aux Français. Véritable sujet de discorde entre les automobilistes et le gouvernement, la limitation à 80 km/h tarde à faire la démonstration de son efficacité. Selon un rapport réalisé par un comité indépendant (CIE) mis en place par l'association 40 Millions d'automobilistes, "seules" 39 vies ont pu être sauvées après la mise en place de la mesure. C'est dix fois moins que l'objectif des 400 vies épargnées qu'espérait Edouard Philippe. Pour rappel, depuis le 1er juillet 2018, toutes les routes secondaires ont été limitées à 80 km/h, malgré la grogne des élus locaux. "Loin de réduire les décès de 400 par an, comme annoncé ex ante, ou 206 comme proclamé ex post, la politique engagée les a réduits au plus d'une quarantaine - ce qui n'est évidemment pas négligeable", affirme l'étude.  En effet, les chiffres révélés par l'association ne concordent pas avec ceux du gouvernement. En juillet dernier, la Délégation à la Sécurité Routière (DSR) a annoncé que la mesure avait permis d'épargner quelque 206 vies entre juillet 2018 et juin 2019.   80 km/h : "Il y a peut-être eu une petite erreur stratégique de vouloir passer en force" par franceinfo   Des approximations et des erreurs dans les chiffres de la DSR L'étude indépendante pointe des approximations et des erreurs d'évaluation dans les chiffres de la DSR. La base de calcul ne doit retenir que les routes à deux voies sans séparateur central frappées du 80 km/h. Or, ce réseau n'apparaît pas en tant que tel dans les chiffres officiels divulgués par la délégation. "La comparaison des chiffres de la mortalité routière recueillis avant et après l'entrée en vigueur de la mesure fait apparaître une diminution de 148 tués pour la période juillet 2018 - juin 2019 par rapport à l'année précédente à la même période. Mais cette différence ne saurait être attribuée que très partiellement au seul passage à 80 km/h", a souligné le Professeur Rémy Prud'Homme, qui a dirigé l'étude du CIE. On passe donc bien à 39 vies épargnées selon le rapport, en tenant compte d'autres facteurs comme le trafic, la vitesse ou encore l'état des routes. Une mesure qui coûte plus cher que ce qu'elle ne rapporte Rouler moins vite, c'est aussi mettre plus de temps à se déplacer. D'après les estimations de l'association, 184 millions d'heures ont été perdues pendant cette première année, ce qui représente un coût de 2,65 milliards d'euros. Cette perte est d'ailleurs "loin d'être compensé par les bénéfices liés à la valorisation officielle des vies (129 millions d'euros) et blessés graves évités (88 millions d'euros), ainsi que des carburants et émissions de CO2 économisés (100 millions d'euros)", selon l'association. Le CIE a estimé que le coût net de la mesure des 80 km/h pour la société et l'économie française est de 2,3 milliards d'euros. Ni le gouvernement, ni la Sécurité routière n'on réagi suite à la publication de ce rapport. L'expérience du 80 km/h doit encore continuer pour un an. Des aménagements délégués aux départements peuvent, au cas par cas, rétablir le 90 km/h, mais cette possibilité n'a été utilisée que par bien peu d'entre eux car la procédure établie par le CNSR afin d'autoriser le rétablissement à 90 km/h contraint à l'immobilisme.    

Limitation à 80 km/h : 56 députés chargent un avocat pour un recours en Conseil d'Etat

Illustration / © SEBASTIEN BOZON / AFP

Au nom de 56 députés, dont le député de la Lozère Pierre Morel, Huissier, l'avocat montpelliérain Jean-Charles Teissedre a déposé un référé suspension devant le Conseil d'Etat, contre le passage aux 80 km/h.

 

Dimanche 1er juillet, la vitesse autorisée sur les routes secondaires à double sens sans séparateur central passera de 90 km/h à 80 km/h. A moins que l’un des différents recours déposés contre la mesure n’aboutisse.

56 députés, menés par le député de la Lozère Pierre Morel-à-l’Huissier, ont demandé à l’avocat montpelliérain Jean-Charles Teissedre, spécialiste de la défense des automobilistes, de déposer en leur nom un référé suspension devant le Conseil d’Etat.
 


Selon nos informations, ce référé, destiné comme son nom l’indique à suspendre le décret, a été déposé ce mercredi 27 juin. Les députés et leur avocat demandent une audience avant le 1er juillet. Les délais sont courts, mais maître Teissedre veut y croire : "Quand on agit pour 56 députés, on peut espérer une réponse rapide", nous dit-il.

Jean-Charles Teissedre a déjà déposé par ailleurs un autre recours en annulation devant le Conseil d’Etat, au nom cette fois de l’association nationale de l’automobile-club des avocats.

Pour les partisans des 80 km/h, à commencer par le Premier ministre Edouard Philippe, la mesure permettra de sauver des vies. Mais ses opposants y voient un texte liberticide, et pénalisant notamment les territoires ruraux.
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